Eglise Sainte Trinité












Contamines église baroque Ste Trinité














Eglise Sainte Trinité Contamines Montjoie














Eglise sous l'auvent la Trinité en dessous la serlienne
















Eglise Ste Trinité  construction 1759 lisible aux angles














Eglise Ste Trinité  Saint Paul














Eglise Ste Trinité  Saint Pierre














Eglise Ste Trinité clocher bulbe














Eglise Ste Trinité clocher à bulbe














Eglise Ste Trinité Contamines Montjoie















Eglise Ste Trinité et croix














Vestige du Château de Montjoie basedu clocher








L’EGLISE SAINTE TRINITE

 

 

 

         Jadis, les Moines bénédictins de Contamine sur Arve  avaient la charge de St Nicolas de Véroce. La paroisse s’étendait  jusqu’au col du Bonhomme en passant par le vallon de la Gorge. Saint Nicolas de Véroce et Saint Gervais se partageaient tout le val Montjoie.

         Après le XIIème siècle, la première organisation administrative et juridique de la Vallée de Montjoie était mise en place par les barons de Faucigny.

         Le château  fut bâti sur les terres du lieu-dit « Les Loyers », représentant la puissance de la Maison de Faucigny, il faisait partie des neuf châtellenies du Faucigny. Le châtelain résidait au château.  Les armes de Montjoie portaient le lion d’or en champ d’azur.

        De par sa position stratégique le château avait, également, une valeur militaire. Il contrôlait le passage entre la Vallée de l’Arve jusqu’au Col du Bonhomme qui délimitait les terres de la Maison du Faucigny avec la Maison de Savoie.  

        En 1355, les Comtes de Savoie prennent possession des terres de la Maison de Faucigny. Le Col du Bonhomme perd sa valeur de frontière et le Château des Contamines Montjoie, dépossédé de sa toute puissance, sera réduit en ruines au XIVème siècle. Le centre de la châtellenie se déplace à Saint Gervais.

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        Le village des Contamines dépendait de la paroisse de Saint Nicolas de Véroce. Paroisse éloignée et difficile d’accès surtout en hiver. Le village et ses hameaux étaient considérés comme le « quartier d’en haut » de St Nicolas de Véroce.

        En juillet 1758 l’archevêché autorise, enfin, les villageois à acheter les ruines du château pour construite leur église. L’église sera  donc construite à l’emplacement du château des Seigneurs de Faucigny. Le « quartier d’en haut » devint la paroisse des Contamines Montjoie.

        La construction de l’église sera confiée à Domenico Gualino de Stostegno, maître d’oeuvre, originaire de Val Sesia en Piémont (Italie). Avant de réaliser la construction de l’église de Vallorcine en 1755, il avait travaillé à la construction de l’hôpital de Martigny en Valais.  

L’église des Contamines sera construit suivant le style baroque, art nouveau, exporté par les maîtres maçons Piémontais.

 

Le rôle financier des immigrants

        La construction sera financée par les dons de riches émigrés installées dans « Les Allemagnes ».  (lire Saint Nicolas de Véroce)

En 1758, ayant appris qu’une église se construisait aux Contamines Montjoie, Jean François Pernat, natif de la paroisse d’Arâches (Haute Savoie) et ayant fait fortune à Pest en Hongrie, lègue une somme assez conséquente à la paroisse.

En 1765, François Parent, également immigré, dotera la paroisse pour l’entretien de deux prêtes.     

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L’église Sainte Trinité

        L’église, orientée à l’est, est dédiée à la Sainte Trinité.

        La Sainte Trinité représente un seul Dieu en trois personnes ; il n’y a dans Dieu qu’une nature, qu’une essence, qu’une substance, qu’une seule chose et qu’un seul et même esprit, subsistant néanmoins en trois personnes, qui sont le Père, le Fils, et le Saint-Esprit. C’est un patronage assez rare.

        La Trinité est évoquée sous l’auvent de débordant de la toiture par les peintures de la Colombe du Saint Esprit,  le triangle équilatéral et l’évocation du Christ.  

        La façade est décorée par trois statues : à gauche Saint Pierre tient une clé et un livre, à droite Saint Paul porte sa longue épée et au centre le Bon pasteur. Les deux apôtres symbolisent l’autorité de l’église catholique de la contre réforme.

        Le Bon Pasteur est surmonté par la serlienne où le tuf, couleur miel, en souligne les bords.

        La porte, sculptée par un artisan de Viuz en Sallaz est de style baroque savoyard. Elle est entourée de colonnes et de pilastres des corniches avec d’angelots joufflus.

        Les pilastres de la façade sont dessinés à la manière « Borromini ».  Couronnées de chapiteaux composites, leurs volutes sont enroulées en sens inverse de l’épure traditionnelle et surmontés d’une marguerite.

        Borromini,  architecte renommé du Baroque, osa l’innovation à l’église San Carlino du Quirinal à Rome. A l’époque du Baroque, ces innovations furent copiées par les maîtres maçons issus du Val Sesia.    

        L’église est entourée d’un presbytère et d’une muraille qui jadis délimitait  le cimetière.

        Les écailles de la toiture ont été refaites en acier inoxydable car le secret de fabrication des écailles en fer blanc, d’origine, été perdu.

 
        Le clocher à bulbe de 55 pieds, s’élève sur la base d’une tour de l’ancien château de Montjoie d’époque Romane. Le clocher sera doté d’une flèche en 1850. Il est sommé d’une flèche où se superposent une pyramide base, un campanile et l’aiguille élancée.   

        Le clocher de l’église fut immortalisé, en 1802, par le célèbre peintre anglais Turner qui lors de son passage dans la région en fit une esquisse.

        Les clochers à bulbe sont répartis dans tout l’arc alpin Suisse, Italie, Autriche.

        L’église Sainte Trinité : comprend une nef avec trois travées prolongée d’un choeur. Les fenêtres sont disposées en hauteur sous la voûte.

        Une poutre de gloire, séparant la nef du sanctuaire avec un Christ en croix de la fin du XVIIIe siècle. Les trois retables, réalisés par Joseph Albertini, ont été refaits vers 1840 et le maître autel est orné d'un dais sculpté. Le tableau représentant la Sainte Trinité est entouré des statues de Saint Augustin et de  St François de Sales, souvent représenté car il joua un rôle important lors de la contre-réforme.

        A droite, le retable latéral est dédié à Saint Joseph entouré de Saint Barthélémy et Saint Pierre.

        A gauche, l’autel est dédié à la Sainte Vierge qui porte l’Enfant Jésus entourée de Sainte Agathe et Sainte Marguerite. La voûte est décorée de fresques avec des médaillons représentant les quatre Evangélistes. 

         La date de l’église  se lit sur les quatre tirants de fer forgé placés aux angles de la façade. L’église de la Sainte Trinité, construite en 1759, sera consacrée le 19 juillet 1776.



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Le père Félix Babaz

        Une rénovation avait été réalisée en 1882 par des Piémontais mais la dernière rénovation a été réalisée par Edouard Borgia en 1976, sous l’impulsion de l’abbé Félix Babaz, arrivé en 1945 de Chedde où il était vicaire du curé Berger, grand résistant de Passy. Le père Félix Babaz entreprit plusieurs projets de rénovation des maisons rurales, de logements sociaux. Grâce à lui, les jeunes filles ont pu suivre une formation et rester travailler « au pays » comme serveuse, préparatrice en pharmacie, monitrice, aide maternelle, éducatrice.... il lança la première garderie d’enfants à la Cité Montjoie.

 
Le père Joseph Vuillez

        Arrivé aux Contamines  en 1899 après quelques années d’études médicales, le père Joseph Vuillez possédait une grande culture théologique et une connaissance pointue de la musique. Il lança la chorale et n’hésita pas à mettre ses connaissances médicales au service des Contaminards.

        Il entreprit la construction de la première maison paroissiale aux Loyers (foyer Montjoie) pour installer les religieuses infirmières. La construction sera interrompue pendant la guerre de 1914. 

        C’est encore lui qui encouragea le développement des refuges de montagne (Tré la Tête) et le refuge des Conscrits où il avait dissimulé, sous un rocher, une bouteille contenant les noms de conscrits emmenés sur ce sommet. Curé des Contamines pendant plus de 40 ans, il se retira, pendant la résistance, dans sa famille à Amphion Les Bains où il décédera.

        Sans curé, le village des Contamines, doit retourner à la paroisse de Saint Nicolas de Véroce pour la messe dominicale, comme au XVIIIème siècle.

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        En 1793, lors du passage de l’armée Sarde repoussée par les troupes françaises, la population des Contamines paya l’appui aux soldats du roi de Piémont Sardaigne et l’intérieur de l’église en pâti. En 1840, l’église fut restaurée intérieurement. Les trois retables d’époque furent restaurés et le néo-classique s’impose.

        L’église traversera la Révolution Française, l’annexion, les guerres Napoléoniennes sans grand dommage toutefois.    *

        En fond de vallée, l’église de notre Dame de la Gorge sera rattachée à la  paroisse des Contamines sera officialisé le 27 décembre 1806.

        L’église de la Sainte Trinité aux Contamines Montjoie est l’un des derniers édifices baroques construits en Haute Savoie ;  le dernier édifice étant l’église de Cordon (1781).

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Vestige du Château de Montjoie











Eglise Ste Trinité et son clocher à bulbe














Eglise Ste Trinité La Colombe du St Esprit














Eglise Ste Trinité Le Bon Pasteur
















Eglise Ste Trinité porte annexe














Eglise Ste Trinité porte sculptée surmontée par une serlienne














Presbytère














Pilastres à la manière de Borromini














P3240163














La flèche de l'église Ste Trinité















Eglise Ste Trinité son cadran solaire














Vestige du Château Montjoie devenu soubassement