Barrages, l'Eau apprivoisée



Barrage de   la Girotte



Barrage de la Girotte en Beaufortain (2)



Barrage de la Girotte en Beaufortain



Barrage de la Girotte Usine élect. de Belleville



Barrage de la Girotte



Barrage sur le Nant Rouge



Colombaz retenue d'eau



Glacier Tré la Tête captage (4)



La prise d'eau de Bionnay



La Rollaz

Barrage de la  Girotte


        Une ancienne légende raconte : un homme du pays n’avait pas respecté le repos dominical et avait labouré sur l’emplacement du futur lac. La terre s’était effondrée et le lac s’était formé. 

        En 1892, un industriel d’Albertville, Mr Aubry,  s’intéresse au site  pour y aménager un petit lac suspendu en rive gauche de la vallée du Dorinet et retenu par un verrou rocheux à l’ouest. L’émissaire du lac donnera naissance au Dorinet qui rejoint le Doron.

        Dès 1923, le lac de la Girotte est équipé en réservoir d’accumulation.
        La montagne est creusée en contre bas du lac, à 17 mètres sous son niveau et donne naissance à un tunnel horizontal de plus de 60 mètres de long. A l’entrée, un mur en mortier de 3 m d’épaisseur est élevé dans lequel sont scellés sept tuyaux pourvus chacun d’un gros robinet. Sur la rive, un puits vertical est foré pour rejoindre le tunnel qui reçoit une vanne cloche actionnée par une poulie pour boucher l’entrée de ce dernier. Le dernier trou est percé pour rejoindre les deux autres, mais rebouché, et ouvert par la suite pour mettre en eau le système du barrage.  En aval, sept centrales s’échelonnent sur le Doron constituant le premier aménagement d’un cours d’eau depuis sa source jusqu’à la vallée.    
        Une vingtaine d’années plus tard, la montagne est, de nouveau, percée mais en contre bas à 75 mètres sous le niveau du lac.  

        Situé dans le Beaufortin, à 1753 m d’altitude, le barrage de la Girotte impose de par sa situation surplombante. Réalisé par l’ingénieur Albert Caquot (1881-1976) ce barrage est constitué d’un enchaînement de 18 voûtes, aux basses renflées, de 35 m de haut, accolées, face convexe côté lac et appuyées sur 19 piliers intermédiaires ancrés dans le sol. La pression s’exerce verticalement sur la base du barrage.  La forme générale de la digue est contraire à l’habitude puisqu’elle tourne sa concavité vers la vallée.  

        Depuis 1903, le lac de la Girotte est exploité pour produire de l’électricité pour les aciéries d’Ugine.

        Après le percement dans le verrou naturel, une conduite est placée et une usine construite 541 m en aval à Belleville sur l’emplacement actuel. Il est percé de nouveau entre 1923 et 1931. Une galerie de 4,700 kms est creusée sous la tête de la Cicle et au flanc de l’aiguille de la Pennaz pour capter les eaux du haut Bon Nant au Plan Jovet à 1910 m d’altitude. Mais ces apports s’avèrent insuffisants. 

        En 1942 une autre galerie de 5,300 kms est construite sous les contreforts du Mont Tondu et vient se raccorder à la dérivation existante du Plan Jovet.

        Un obstacle s’annonce : en 1941, le glacier descendait plus bas que le niveau de la galerie du Plan Jovet.

        Plusieurs galeries sont ouvertes dans le glacier pour prospecter sous le site du glacier de Tré la Tête et aménager une prise d’eau sous la langue terminale du glacier environ 80 m de glace pour en assurer l’écoulement gravitaire jusqu’au barrage de la Girotte.

         Le chantier de construction du barrage commença pendant la guerre, sous l’occupation allemande. Entièrement en béton, le barrage n’a pas d’armature d’acier mais des contreforts auto stables. A l’époque l’acier était envoyé en Allemagne. Cet ouvrage servira d’alibi pour former un réseau de résistance autour du barrage, sous l’impulsion du commandant Bulle, qui créera, au printemps 1943, la Compagnie du Lac pour la libération du Beaufortin.

        Par l’intermédiaire de deux téléphériques reliant le barrage et le Val Montjoie, jusqu’à 800 personnes travaillent à la construction du barrage. Le dernier téléphérique a été démoli récemment. 

        En aval, 7 centrales électriques fonctionnent avec la même eau (Belleville, Hauteluce, Domelin, Villard, Queige, et Venthon). La saison d’hiver ralentit fortement les travaux d’E.D.F. (18 mètres de neige en 1944-45) qui dureront jusqu’en 1949. C’est 50 millions de m3 d’eau qui sont stockés, turbinés à la centrale de Belleville.

        Ce fut la première prise d’eau sous-glaciaire réalisée en Europe. Un des rares barrages se remplissant grâce à la fonte des neiges du glacier ce qui explique ses eaux d’une couleur verte.
        Avec le recul du glacier de Tré la Tête, en 1961, la prise d’eau sera reconstruite.

        En contre bas du barrage existe une zone d’alpage. Chalet du Berger.  

        Jadis, dans le Beaufortain en Savoie, un alpage accueillait une centaine de vaches.

        Le barrage est soumis à un dispositif de surveillance très strict. Tous les mois, un contrôle visuel des voutes s’effectue pour anticiper et détecter une éventuelle dégradation du Génie Civil. Les mouvements des parois sont étudiés au 10ème de millimètres près.

        Un pendule (système de  fil à plomb) permet d’étudier le déplacement du barrage en fonction de la météo, des effets thermiques, des mouvements des parois et du remplissage.

        Dès 1949, des micros fissures ont été remarquées. Pour y palier, un coulis de béton est infiltré à l’intérieur des fissures et en limite l’extension.

        Des dizaines de micros capteurs scrutent le barrage en liaison directe avec les ingénieurs (50 personnes affectées à la sureté hydraulique) à Grenoble qui analysent chaque mouvement. En cas d’alerte la mesure est reprise et un nouveau contrôle est effectué.

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Tré la Tête captage



La sablière à Bionnay



Prise   d'eau à Bionnay



Prise d'eau  à Bionnay



Prise d'eau Lac Jovet



Prise d'eau à Bionnay



Sablière Bionnay



Sablière de Bionnay



Sablière en exploitation



Tré la Tête  captage



Tré la Tête  glacier captage